lundi 15 janvier 2018

J'habite Nulle Part, J'habite Partout #1

Mais c’est où, chez moi ?!

En ce moment, chez moi, c’est plutôt dans ma voiture. La maison n’est pas habitable, et je dois être hyper flexible pour gérer mon quotidien de nomade. Malgré la fatigue, malgré La Rupture, malgré ma tristesse constante. Ne pas avoir la possibilité de se lover en position fœtale sur un canapé en pleurant est, je suppose, une sorte de point positif qu'une partie de moi reconnait comme tel - l'autre partie de moi dit non, se mouche dans sa manche et veut tout laisser tomber. Mes moments d'intimités sont devenu rares, et il n'y a plus guère que dans ma voiture que je me retrouve seule.

Semaine 1 : 

Je suis chez ma mère. Je n’ai pas de chambre, pas d'intimité, mais au moins je peux « préparer » les prochains jours : le stock de vêtements propres, les repas pour les jours à venir (en lui pillant son frigo), la liste de choses à faire. 
J’organise ma voiture pour qu’elle soit hyper fonctionnelle, et je me dis que j’aurais mieux fait d’acheter un camping-car plutôt qu’une « petite citadine » (même si je n'ai pas encore ma nouvelle voiture) :


La B.Mobile, V.1 : Sac de livres à lire (une quinzaine) ; panier de linge sale ; Trousse de toilette/Produits de toilette ; Valise de linge propre ; Cadeaux de noël pour les copines ; Carton de laine "au cas où j'ai envie de tricoter" ; Sac à ordi portable ; Sac de courses/Nourriture ; Papiers importants (concernant le Prêt Immobilier, etc...)
La température extérieur a indubitablement un avantage : Je peux garder ma nourriture dans mon coffre sans craindre que ça périsse, et avoir tout avec moi, tout le temps.
(Néanmoins, si la température n'était pas si froide, je n'aurais pas besoin d'être nomade parce que l'absence de chauffage ne serait pas un problème dans ma maison. CQFD bordel).

Semaine 2 : 

De Lundi à jeudi, je vis chez une collègue partie en vacances. En échange, je nourris son chat et j’arrose ses plantes carnivores. Je devais pouvoir y passer une semaine complète, et finalement elle rentre plus tôt que prévu, à mon grand désarroi.
Mon emploi du temps est surchargé et je ne peux finalement réellement profiter de l’appart qu’un seul soir – mais quel plaisir, quel tranquillité de pouvoir se poser dans un endroit – qui plus est un endroit « neutre », où il n’y a rien d’autre à faire qu’ « être là », écrire ou lire.
Malgré le froid (mais était-ce en moi ou dans l'appart ?), j'ai pu souffler, et même me lancer ambitieusement dans la confection d’une Tarte Tatin pour laisser en remerciement à ma collègue. Je pensais ne pas arriver jusqu’au bout de ma recette, mais malgré l'épuisement, cette séance de popote m’a tout de même rasséréné. Bien que ma tarte ai une sale tête, dû à l’absence de balance ou de verre mesureur dans la cuisine de ma collègue (j'ai donc tout fait au pif).
En revanche son chat m'a martyrisé : il me lacerait les jambes quand je marchais, la nuit il me sautait dessus ou passait sous les couvertures pour me griffer le ventre (je l’ai soupçonné de chercher à m'éviscérer). Il miaulait sans arrêt, et je me suis assez peu reposé. Des plantes carnivores à arroser, il ne restait pas grand-chose : les mangeuses se sont fait manger, merci minou.
Et le jour où je suis partie, il a chié et pissé sur le canapé avant de fuguer par la porte entr’ouverte. J'ai mis 20 min à le récupérer et à nettoyer sa merde, et je suis arrivé ultra en retard au boulot. Cette bestiole m'a rendu dingue.

Vendredi soir, je dors chez Copine#1, et réalise que son appartement est un minuscule F2. Je le savais, mais pour autant je ne m'étais jamais imaginer devoir loger un mois et demi chez elle. Et, comme moi, elle a besoin de sa tranquillité et d'un peu de solitude ; je me demande comment on fera. Je m'inquiète beaucoup, et je m'endors, recroquevillée, grelottante.

Samedi soir, désœuvrée, nomade, je décide de retourner chez ma mère, à 150 km de là, pour le week-end.

Légère modification de l’organisation de ma voiture après un passage chez mes grands-parents : mon papy me donne 2 cagettes et 2 seaux de petits bois pour mon poêle à bois, en espérant que ça m'aidera à allumer un feu (car pour l'instant, j'en suis à 3 tentatives infructueuses)

Evidemment, comment ça pourrait ne pas se renverser dès le premier virage ?!
Réorganisation de l’espace vital et petits changements :

La B.Mobile, V.2 : Petit bois ; Carton de papiers importants ; 2 cagettes de petit bois ; Encore du petit bois ; Linge Sale ; Les livres à lire ; Le sac à ordi ; Le carton de laine (qui n'a servi à rien) ; Le sac de nourriture ou l'équivalent nomade de mon frigo ; La valise de linge propre qui n'a pas bougé.

Ma voiture est donc désormais pleine de petits morceaux de bois.
Evidemment.

Et en avant pour une nouvelle semaine de nomadisme.

(à suivre)

mardi 9 janvier 2018

Survivre à la rupture, Acte 1 : La Première Urgence


Un mois que je me sens anéantie. Mon animal totem est devenu la limace, et si j'essaie de me consoler en me disant que ça peut-être hyper relou et super coriace, une limace, je suis forcée d'admettre que c'est quand même pas sexy.
Ce que j'ai mis en place pour (tenter de) faire quelque chose de moi et de mes émotions :

Faire au mieux et prioriser :
Je n’ai aucune énergie. Ce qui, il y a 1 mois, représentait une bagatelle, est aujourd’hui quelque chose qui me demande un effort considérable. Ça m'a fait penser à une conférence que j'ai vu il y a quelques mois, où la conférencière, très malade, disait : 
« Imaginez que votre réserve d'énergie est symbolisée par 10 cuillères. Me doucher et m'habiller, c'est déjà 3 cuillères. Manger : 2 cuillères. J'ai déjà utilisé la moitié de mon énergie, et la journée vient à peine de commencer. Est-ce que je peux prendre le bus et revenir, alors que ça me prendra au moins 5 cuillères ? Non, c'est impossible. Je sais que je ne peux pas faire ça - ou alors, il faudra, un autre jour, que je fasse quelque chose en moins pour pouvoir être capable de sortir ».
Repenser à cette conférence m'a permis de comparer, comprendre, et réfléchir à mes "cuillères" moi aussi. Je sais que me faire à manger est un nombre trop élevé de cuillères, que me soucier de mon apparence est une cuillère dont je peux me passer, que je peux demander à quelqu'un d'autre de faire mes courses (ce qui m'évite en plus le stress d'être dans une foule)... 
Je commence par réfléchir à ce qui est "obligatoire" : me lever, m’habiller, travailler, honorer mes rendez-vous et ce qui est inscrit sur mon agenda. 
Et s'il me reste des "cuillères", je fais d'autres choses... Si j'en ai envie.

Faire au mieux : 
Si je n’ai pas su trouver "ce qui me faisait du bien", j’ai réalisé que "ce qui me faisait moins mal", c’était de ne pas être seule. Mais pas trop longtemps : 
Etre au milieu d'une foule (ou même d'un groupe de personnes supérieurs à 4) m'angoisse rapidement. Etre avec quelqu’un, même quelqu’un dont je suis très proche, me fatigue vite. 
Alors j'essaie de faire au mieux : prendre mes repas rapidement au boulot, car rester en salle de pause me stress, et je somatise. Voir mes amis, mais partir quand je commence à me sentir vidée. 
Être capable de dire « Je suis fatiguée, j'ai besoin d'être seule, mais ça m'a fait plaisir qu'on se voit », je pense que c'est le top... mais je n'ose pas le dire. Peut-être parce que j’ai peur que les autres attendent quelque chose de moi. J’aimerai avoir suffisamment confiance en mes amis pour savoir qu’ils veulent juste mon bonheur, mais vu que je ne m’autorise pas à être faible, comment je peux croire que qui que ce soit l’accepte ?!

Trouver ses "baumes" (Conseil de Copine#1, et vu également sur l’Horoscope Poétique et Philosophique de Rob Brezsny) :
En accord avec mon "nombre de cuillères" quotidien, et en cherchant ce qui me faisait "aller moins mal", j’ai remarqué que prendre une douche bien chaude me calmait. 
Et puis des choses bizarres : Avoir mes essuie-glaces allumés, même lorsqu'il ne pleut pas, me rassure. C'est inexplicable et délirant, mais tant pis : après tout si ça me fait du bien, il sera bien temps d'être saine d'esprit dans quelques mois.
Autres baumes : Des choses que l’on faisait « Avant », « Avant » la rupture, ou même avant l’histoire d’amour. Quelque chose qui nous replonge dans un autre passé, qui nous appartiens aussi.
Pour ma part, j'aurais voulu regarder des séries de mon enfance (Buffy peut tout résoudre), mais je n’ai pas de chez moi, alors c’est compliqué à mettre en œuvre. Mais relire mes articles « d’avant » m'a fait un peu reprendre contact avec la « Moi » d’il y a quelques mois, et qui est quelque part encore là, au fond. J'ai regardé de vieilles photos, j'ai cherché à reprendre contact avec moi, et les différentes facettes qui me composent. J'ai essayé de me retrouver.

Faire au mieux en essayant de rester actif :
Certes, le quotidien est une souffrance, et il faut user de stratégie pour finir la journée en accord avec notre "nombre de cuillères". J'ai fini certaines de mes journées comme une somnambule, et  en oubliant une partie de ce que j'ai fait ou dit. 
Mais c'est aussi un moyen de se sortir du lit, et de sortir temporairement de la spirale des « pourquoi ?! » qui ne mènent à rien.
Et puis parfois, petite satisfaction au creux du ventre : d’avoir tenu le coup une journée, puis une autre…
Faire un petit pas après l’autre.
Une heure après l’autre.
Un jour après l’autre.
Se fixer de tout petits objectifs, de toutes petites échéances – parce que tout semble insurmontable pour l'instant.

"Se nourrir" plutôt que "manger" :
Pour contrer mon manque d'appetit, je me dis que je ne "mange" pas, mais que je me "nourris", que c'est juste vital, que c'est pour alimenter mon corps et reconstituer mon énergie. J'y mets de l'intention, de la volonté, je me dis que ça me nourrira, que ça me fera du bien. Sur conseil d’une collègue, je favorise la vitamine C - et symboliquement, c'est ce qu'il me faut : de l'énergie. 
Même si je ne fais que picorer, j'essaie que ça soit des choses équilibrées et nourrissantes. Pour contrer mes nausées, je mange plutôt des soupes, ou des choses qui s'avalent toutes seules. Et si possible en n'ayant qu'à réchauffer, et pas cuisiner.

Et attendre patiemment de récupérer, pour augmenter son "nombre de cuillères" - ou diminuer le "nombre de cuillères" utilisées pour certaines actions.

mardi 2 janvier 2018

2017 : Bilan (très) nuancé

En résumé :

Janvier : mon petit frère se fait renverser par une voiture.
Plusieurs jours à l’hôpital, et plusieurs mois pour s’en remettre, ainsi qu’une cicatrice qu’il gardera au visage.
Cette année à Nouvel An, il a complètement pété les plombs : furieux que nous ayons jeté des confettis dans sa chambre à minuit (!), il nous a violemment enfermés dans une pièce pour aller ruiner la chambre de ma mère. J’ai cru vivre Shining. J’ai très mal vécu la chose, et c’est officiel, désormais mon petit frère de 12 ans me terrorise.

Janvier à Juillet : J’ai rencontré Hector. Une relation, qui m’a probablement apportée quelque chose… Mais surtout des conflits à n’en plus finir : 7 mois d’engueulades, de crises de colères de sa part, et d’un nombre colossal de fois où j’ai moi aussi cédé à la colère alors que je déteste ça.
Le truc drôle, c’est qu’il me réécrit depuis 3 jours : Il a vu un film avec une actrice qui lui a fait penser à moi, et il me raconte un peu sa vie.
Ce mec est tout de même hallucinant.

Janvier à (???) : J’ai (tenté de) ravaler mon histoire avec le-mec-de-la-salle-de-sport, j’ai subi la douleur et l’humiliation de me retrouver face à sa nouvelle meuf sans avoir été mise au courant que notre histoire était fini. 1 mois de malaise à la salle, où j’ai toutefois tenu bon, envers et contre tout (et surtout contre un troupeau de gonzesses à la maturité de collégiennes qui chuchotaient dans mon dos).
Je suis toutefois satisfaite d’avoir tenu, d’avoir choisi de ne pas fuir la salle, et d’arriver à vivre avec ça… Même si j’habite désormais à 100 mètres de sa maison familiale, et que je ne pourrais pas m’empêcher de guetter sa voiture.
Pour la petite histoire, j’ai (enfin) supprimé son numéro de mon téléphone. Je l’ai fait le jour où Charles-Henri m’a quitté. 
Juste au cas où.

Avril : La mortde mon père adoptif, et l’impression de perdre une partie de mon enfance, une partie de moi… Et le sentiment abrupt d’être devenu adulte, alors que je n’étais pas prête à ça. Aujourd’hui, je suis la seule garante de nos souvenirs communs. Et je ne pourrais dire à personne d’autre qu’à lui « Tu te souviens de ce moment ? ». Sans parler du regret de ne pas avoir eu le temps de lui raconter mon voyage en Afrique.
Je n’ai jamais réussi à finir le récit de l’enterrement. II est en brouillon depuis des mois, je dois en être à 7 pages, et impossible de m’en sortir. Je crois que je suis incapable de terminer cet article.

Mai : le pire mois de l’année, un des pire mois de ma vie je pense, avec l’enterrement de mon père adoptif, des semaines de boulot de malade, des insomnies, Hector qui pétait des piles, le ratage absolu de mes 30 ans, et une fatigue physique qui en venait à altérer mes réflexions.

Janvier à juin : La danse Africaine. C’était amusant et émouvant (car ça me rappelait l’Afrique), mais ça n’a pas été aussi transcendant que danser sur les toits de Mbour, au Sénégal, où j’ai vraiment vécut une renaissance.
De plus, c’était plutôt agréable de me faire courtiser par le prof (qui, ironiquement, faisait apparemment fantasmer toutes ses élèves… sauf moi). D’ailleurs je n’avais pas fait d’article, mais il y avait eu un petit flirt au repas de fin d’année : lorsque je suis partie, un peu pompette, nous nous étions pris dans nos bras, seuls dans la cuisine, et il m’avait serré très fort contre lui, en m’embrassant dans le cou. Ce qui était terriblement sexy.
Pour la petite histoire drôle, je rentrais ensuite chez moi, où Hector me rejoignait. Et il m’avait sorti « Tu as mis du temps à rentrer. J’aurais mieux fait d’aller au bar me chercher une greluche pour rentrer chez moi la sauter, ça aurait été plus rapide ».
Je lui avais répondu que c’était un sale con (il l’avait mal pris). J’avais envisagé de le blesser en lui disant que je flirtais avec mon prof de danse, mais je me suis dit que je valais mieux que ça.

Janvier à Novembre : L’Association, des moments vraiment très cools, des animations géniales, l’impression de faire des choses « importantes », de servir à quelque chose, découvrir des gens funs, et m’amuser.
Aout à Décembre : Cette Asso m’a apportée Charles-Henri, un peu sur un malentendu. Je ne sais pas trop quoi en dire pour l’instant, si ce n’est que c’est la pire claque de ma vie : même ma rupture avec mon ex au bout de 4 ans de vie commune, je le vivais mieux – c’était « facile » on avait été au bout de ce qu’on pouvait vivre ensemble, et c’était évident qu’il n’y avait plus rien à sauver. Là, ça a été brutal et violent, et je n’ai rien vu venir. Je n’aurais jamais cru me retrouver anéantie à ce point à cause d’une « simple » relation – et encore moins une relation de 4 mois.
Je ne me le pardonne pas – et c’est peut-être toute l’origine de mes crises d’angoisse.

Juin : Un nouveau tatoo, un peu par hasard, mais qui marquait la fin d’une période de merde, et un symbole, d’une certaine façon : mes trente ans, la vie qui m’échappe, les problèmes de santé qui arrivent à l’improviste, le grain de folie et la spontanéité qu’il faut garder envers et contre tout.

Juillet : Des retrouvailles familiales dans l’Ouest de la France, j’ai retrouvé ma marraine, mon tonton, vu mon petit neveu pour la première fois, je me suis sentie bien au milieu d’eux. J’ai revu ma cousine, rencontré son mari, éprouvé un sentiment d’appartenance et de tranquillité à leurs contacts, et ça m’a fait un bien fou. Je sortais enfin la tête de l’eau, je revivais. J’allais enfin mieux, vraiment mieux, grâce à eux, mais surtout à moi-toute-seule-parce-que-je-suis-bien-entourée. Je me sentais belle, bien, acceptée, indépendante, forte ; une véritable épiphanie.

Aout : La maison, mon futur foyer que je trouvais aux détours d’une visite sans trop y croire et qui regroupait quasi tout ce que je cherchais (sauf peut-être l’aspect « isolée au fond des bois avec des barbelés électrifiés pour repousser les intrus… mais à 10 min à pieds du boulot »).
Et Charles-Henri, qui semblait être la cerise sur le gâteau, le cadeau de la vie, le début de vrais projets. Je pensais voir des signes, je pensais que cette envie de prendre mon temps avec lui voulait dire beaucoup.

Aout à Décembre : La Maison devient un gloubiboulga de problèmes et de démarches, les banques deviennent mes ennemis numéros 1, et je commence à fatiguer. Tout semblait vivable tant qu’au moins, Charles-Henri et moi, ça collait (parce que quoiqu’il arrive, c’est quand même les relations humaines qui importent plus que tout le reste). Mais si j’ai vécu des mois extraordinaires, la descente fut brutale en décembre.
Il ne me reste plus que moi, une maison inhabitable, et des emmerdes, et de la tristesse qui déborde de partout.

Bilan : J’ai tellement pleuré cette année, qu’une ONG devrait m’envoyer dans le désert, avec juste un plaid et mes souvenirs : je te coule une Oasis avec mes larmes à l’aise en un week-end chrono.

Au 1er janvier, je faisais 47kg. Encore 2kg de moins en une semaine, ce qui monte ma perte de poids à 5kg en 2 semaines.
Soit exactement (ou un peu moins ?) le poids que je faisais il y a 1 an. Echec total : je me retrouve exactement au même point qu’il y a 1 an.
Mes muscles ont fondus. Je ne peux pas supporter de voir mon reflet dans un miroir.
Je me sens comme un bateau qui prend l’eau : malgré mes efforts, malgré la nourriture que je me force à ingurgiter, je perds du poids à une vitesse alarmante. Que doit-on faire dans ces cas-là ? Que se passera-t-il si je continue encore à maigrir ?!

Au boulot, j’ai eu de nouvelles et belles opportunités. On m’a fait confiance, on m’a offert de nouvelles responsabilités. Mon chef essaie par tous les moyens de me faire monter les échelons malgré mes échecs répétés au concours. C’est hyper valorisant !
… Mais chute libre en décembre (évidement), où j’ai été rappelé à l’ordre au vu de mon « comportement » : retards, absences, façon de s’isoler des autres, attitude farouche, renfermée…
Cette remontrance était justifiée, et je l’ai vécu comme un coup de poignard, moi qui met un point d’honneur à être irréprochable au taf. Je n’ai pas cherché à me défendre – certes, je vais mal, mais le travail n’est pas le lieu où on apporte sa vie privée.
Je devrais vraiment me faire arrêter (mais je ne le ferai pas)

L’année dernière, dans mon précédent bilan, je disais « Il y a quelques semaines, j’étais incapable de voir le positif de l’année écoulée, et je m’enfonçais dans des états d’âmes sans fonds […] Quelque chose s’est remis en place dans ma tête, et au lieu de lutter pour trouver le positif, il s’est imposé à moi. […] J’ai réalisé le soutien dont je faisais preuve – alors que je me sentais abandonnée, simplement parce que je m’étais isolée toute seule ».
Echec : J’en suis au même point là encore, mais en pire, car je n’arrive pas à focaliser sur le positif.
Quant à mes souhaits pour 2017, ils n’ont pas non plus été spécialement remplis.


Le blog a aujourd’hui un peu plus d’un an, et comme l’année dernière, je dois bien avouer que j’aime cet endroit, et qu’il m’est d’une grande aide. J’écris plus vite que mon ombre, et je serais curieuse de connaitre le nombre de signes laissés en un an (vu que je ne sais pas écrire d’article de moins de 3 pages), alors que j’approche de la centaine d’articles publiés (!)
Je remercie les personnes qui m’ont laissés des petits mots gentils cette année, celles qui m’ont soutenues quand ça n’allait pas, ça fait toujours chaud au cœur et croyez moi, ça m’a toujours fait du bien.
Je vous aime.

Je dois avouer que j’ai été bien entourés, même si je n’arrive pas, pour l’instant, à m’appuyer là-dessus pour aller mieux, à me « contenter » de mes amis qui sont putain de formidables et qui me le prouvent quotidiennement depuis plusieurs semaines :
Copine#1, qui est là, fidèle au poste, tous les jours, même la nuit s’il le faut. Qui était là à 8h le lendemain de la rupture avec le petit dèj, qui m’a laissé pleurer dans ses fringues, qui a les mots qu’il faut, les silences quand il le faut, et avec qui on a une relation d’égale à égale,  de compréhension et de tolérance mutuelle. D’ailleurs elle a décrété que nous étions ni plus ni moins que des âmes sœurs.
Morgueil, qui est là depuis si longtemps, amitié de… douze ans bordel ?! Alors qu’on a dû se voir « en vrai » en tout et pour tout une semaine (en cumulant). Dans ses yeux je semble parfaite ou presque, il m’excuse mes défauts, il lisse mes craintes, il est compréhensif face à mes manques, il voit… Je ne sais pas exactement qui il voit, mais c’est grave moi en mieux, genre Mademoiselle B. 5.0 (au moins). Mon seul lecteur « de la vraie vie », la seule personne à qui je peux accorder cette confiance les yeux fermés – et aussi parce que sinon, il ne me le pardonnerait pas. Je t’aime mon ami. Puisse 2018 nous faire nous revoir une nouvelle fois !
Copine#2 et Copine#3, qui, l’une de m’envoyer régulièrement des messages malgré ses semaines de 70h, et l’autre de se soucier de moi malgré son ventre tout rond qui accapare (et c’est bien normal) toutes ses pensées. Encore une année où l’on a passé des supers moments toutes les 4, même si c’est moins souvent (et ça le sera encore moins dès que Jean-Hyppolyte sera né !), et je trouve ça extraordinaire d’avoir une amitié aussi belle, aussi bienveillante et aussi dénuée de jugement. Je crois que je me disais qu’une fois qu’on quittait l’école, on ne retrouvait plus d’amis, ou que ce n’était plus pareil, plus aussi fort, ni foufou : que ça devenait une amitié d’adultes, chiante et sérieuse. Ravie de voir que non, au contraire !
Mister Perfect, qui malgré ses défauts, et son putain de mauvais caractère parfois (bah, on se ressemble), est quand même devenu un sacré pilier. Je l’ai appelé un sacré nombre de fois cette année pour avoir des conseils, ou être soutenue. Dire qu’il part dans 4 mois au Canada, pour une durée indéterminée.
Ma (minuscule) famille proche : mon Papy, qui m’aide dans les travaux, me conseille, et me console maladroitement, comme le gros ours au grand cœur qu’il est. Et puis mention spécial à ses expressions, lui qui m’a sorti, le 1er janvier, en essayant d’ouvrir la porte de son atelier dans le noir : « C’est quand même plus facile à trouver quand il y a des poils autours ! ».
Ma mamie un peu chtarbe mais adorable (et surtout, à mon avis, malheureuse), qui s’inquiète, et me refile tous les cachets de calmants ou de somnifères qu’elle arrive à trouver, qu’importe que ce soit pour humains ou animaux, que ce soit conseillé ou pas, et qu’importe la date de péremption.
Et surtout ma mère. Je voulais lui écrire une lettre d’amour pour noël, mais j’ai estimé que la portée de « Si je suis fière d’être la personne que je suis aujourd’hui, une personne humaine, sensible et pleine de valeurs, c’est grâce à toi » serait un peu flappi au vu des circonstances. J’espère pouvoir lui transmettre ça dans l’année, si quand ça ira mieux.

A ceux qui ont été là ponctuellement, mais qui comptent dans ma vie : mon ami Q. qui est à peu près aussi malchanceux que moi. Président qui, malgré son petit grain de folie (un grain petit comme une noix de coco), est quand même ultra présent depuis quelques semaines et je lui en suis reconnaissante (même si je suis trop pudique pour lui avouer), et son mec, force tranquille et gentillesse incarnée. Est-ce le début d’une plus grande amitié ?
Ma cousine et son mari, qui m’ont envoyés des tas de messages trop supers et trop gentils (on est carrément dans les grandes déclarations d’amour), et qui de toute façon m’ont fait un bien fou quand on s’est vu cet été. Pour la petite histoire, ma cousine veut se mettre à faire des tatoos (je la soupçonne de ne plus avoir assez de place pour en faire sur elle, donc de commencer à en faire sur les autres) et devenir prof de yoga (ce qui me fait mourir de rire vu son look ultra goth – mais j’adhère à 200%) et prévoit de me tatouer une « Petite limace démoniaque et en voyant ça, le mauvais sort se dira « Ouais nan, elle c’est trop une badass, je lui fous la paix ! » » ; Inutile de dire que j’adore l’idée.
Et puis mes collègues, ceux qui ont été là, qui m’ont apporté des chamallow ou des sucreries, ceux qui m’ont laissés pleurer dans leurs fringues (Cela dit, j’ai pleuré dans les fringues d’à peu près tous ceux que je connais) (Amis humanitaires : ma production d’eau est à vous ! Sauvons le monde ensemble !), ceux qui m’ont juste posé une main sur le bras, caressé le dos, ou tenu la main en silence. Ceux qui m’ont envoyés des messages, qui m’ont rassurés, ceux qui m’ont consolés. Ou juste ceux qui sont tristes de me voir triste, parce que je compte assez à leurs yeux pour ça.

A ceux qui se sont éloignés, mais que j’aime et dont l’absence me blesse : Mon amie d’enfance, ma meilleure amie Violaine, avec qui j’ai échangée genre 3 mails cette année (alors qu’on en était à plus d’une centaine auparavant), et qui n’est pas du tout présente en ce moment pour moi, malgré mes messages d’au secours. Elle vit à donf sa vie de couple, et j’avoue qu’elle me manque beaucoup.
Mon ami Mathieu, mon ancien colloc, mon ancien confident, celui qui connait quasi tous mes secrets et mes casseroles, celui qui était là pendant ma dépression en 2009, celui qui m’aidait à nettoyer mon plus grand tatouage (en 2009 aussi : ce tatoo qui a marqué la fin de ma dépression, la fin de mes pulsions de scarification (entre autres sévices infligés à moi-même)), dont j’ai raté l’anniversaire, et qui s’est éloigné de moi, mais aussi de tout notre groupe d’amis avec qui on faisait des soirées de folie (et du coup on ne fait plus de soirées non plus).

Monsieur Sophrologie, que j’ai revu le 31 décembre parce qu’il voulait absolument me reprendre en séance. J’y suis resté 2h (!), et il ne m’a pas fait payer. Ce type est juste ahurissant de gentillesse. Ça m’a fait du bien, et j’ai appris quelques exercices pour (tenter de) gérer les angoisses et les pensées négatives.
Et puis sa candeur positive et hilare : « C’est très bien que tout ça te soit arrivé maintenant, regarde, c’est une nouvelle année, tu peux fermer la porte  et en ouvrir une nouvelle ! C’est pile la bonne période ! C’est une chance ! Imagine si ça avait été en avril ! ».

C’est d’ailleurs suite à cette séance, et sur sa suggestion que je formule mes vœux/résolutions 2018 :

- Je me souhaite de retrouver ma force, mon énergie, ma forme… et mes formes.
- Je fais le vœu de retrouver mon appétit et mon amour de la cuisine. Que manger ne soit plus synonyme d’être seulement capable de grignoter deux cuillères de ce qui a pu être mes plats préférés et ensuite être malade.
- Je me souhaite de tout mon cœur de recommencer à faire des projets (et en éprouver de la joie, plutôt que de la fatigue)
- Je fais le vœu de m’affranchir de mes blessures, et d’être capable de faire confiance à nouveau, et de ne pas « faire payer » à d’autres mes expériences passées. Je voudrais rester entière et généreuse. Je ne veux pas devenir une personne aigrie et malheureuse, qui rejette les autres de toutes ses forces.
- Je me souhaite de trouver du réconfort et de l’épanouissement avec ce que la vie m’a offert – plutôt que de pleurer sur ce que je n’ai pas.
- J’aimerai être bienveillante envers moi-même, accepter celle que je suis, mes faiblesses, ma sensibilité à fleur de peau. J’aimerai l’être autant avec moi-même qu’avec les autres, être compréhensive et patiente. Je suis sûre que si je nous acceptais mieux, moi et mes faiblesses, je ferais moins de crises d’angoisse.

Malgré mon absences d’énergie ces temps-ci, il y a tout de même des projets 2018 sur les rails depuis un moment – et qui sont, je dois l’avouer, une petite bulle d’oxygène :
- Ma nouvelle voiture, que j’irai chercher à Paris, ce qui me donnera l’occasion d’aller me balader dans une ville que j’aime beaucoup, manger dans des restos végétariens, et peut-être rencontrer Young Matka (au moins on est sûre que ce sera un premier rencard réussie !)
- Mon voyage aux Etats-Unis, en Avril. En espérant que, d’ici là, je serais capable de l’apprécier.
- Peut-être une conférence professionnelle que j’animerais en congrès pro… Ce qui, si ça arrive, se passerait dans la ville de ma cousine. A.k.a des vacances tout frais payé ou presque !
- Pourquoi pas un nouveau tatoo ? (Lorsqu’il sera temps de marquer un renouveau dans ma vie).

Un dernier vœu :
Je voulais que mon premier article de l’année (après le bilan) soit un article super positif et plein d’amour de moi-même. Mais il faut avouer que la portée d’un article « Je suis la femme de ma vie » est plutôt minable vu mon état actuel.

Alors je vais juste faire le vœu (et faire l’effort) que mes articles, s’ils ne sont pas hyper joyeux, soient au moins bienveillants ou plein  d’espoirs !

Bonne Année à tous !

vendredi 29 décembre 2017

Noël... consternant

Consternation après 10 jours chez ma mère : ce qui devait, selon mon plan initial, me faire aller beaucoup mieux, me reposer, me faire prendre de la distance et me faire reprendre ma vie en main… n'est pas du tout arrivé.
Confiante, j’avais arrêté les médicaments dès mon arrivée : « Je n’en aurais plus besoin ! ».
3 jours plus tard, je fondais en larmes sans raison apparente.
J’ai repris les médicaments.
=> Échec cuisant.
"Mon raisonnement était pourtant sans failles" (Sentaï School)
Consternation en montant sur la balance : en une semaine chez ma maman, j’ai perdu 3kg.
C’est incompréhensible. A croire que la tristesse me grignote petit bout par petit bout. 

Consternation en effectuant les appels pour les travaux et autres ouvertures de compteurs pour ma maison : le chauffagiste ne pourra venir que mi-février. MI-FEVRIER.
Où vais-je aller pendant ce temps ??? 

Consternation : Je n’ai pas du tout l’énergie pour affronter cette nouvelle embûche.

Consternation quand mon plan B s'effondre à son tour : le ramoneur, censé venir vérifier mon poêle à bois pour que je puisse réchauffer un minimum le premier étage, s'est pointé une demi heure avant le rendez-vous, m'a laissé un message odieux sur mon répondeur pour me faire savoir qu'il était venu et que je n'étais pas là, et s'est barré. Avec l'excuse "Non mais je vous avais dit que je n'avais pas des horaires militaires non plus".
Je ne peux même pas décrire à quel point j'étais furax : j'aurais croisé sa camionnette, j'aurais littéralement foncé dedans en hurlant un Haka.

Si quelqu'un connait un Désenvouteur ou un Exorciste, qu'il me prévienne : ça m’intéresse.

Consternation de mes différents amis qui, sans se consulter, me disent tous : « Mais bon sang mais mets-toi en arrêt, reposes toi, fait un vrai break, tu ne peux pas continuer comme ça ! Arrête avec ta droiture à la con, et ta fierté de ″J’irais au boulot quoi qu’il arrive !″ ».
J’étais assez réticente (je déteste les arrêts de convenance), mais je commence à me laisser convaincre. Tout comme je commence très sérieusement à envisager de me faire remettre durablement sous anxiolytiques (et pourtant, j’ai toujours dit « Plus jamais ça »). J’ai envoyé un message à ma psy pour avancer mon rendez-vous, j’aimerai en parler avec elle – mais pour l’instant  elle est en congés, et je ne sais pas jusqu’à quand.

Consternation de Mister Perfect, avec qui j’ai été manger. Il n’était pas au top de sa forme, moi non plus, c’était donc un bon gros moment de déprime collective. On a reparlé de l’Association, il s’est fâché « Tu ne peux pas arrêter d’y aller, tu adores cette Asso, je me souviens comme tu étais contente de l’intégrer. Tu adores leurs animations, et puis c’était ta petite révolution 2017 pour aller mieux ! ». (Entre nous, il a 100% raison).
Sauf que : « Mais bordel Mister Perfect, je suis une larve depuis 3 semaines, je pleure non-stop, et à l’hôpital, j’ai manqué m’évanouir parce que le médecin me faisait penser à Charles-Henri ! C'est ingérable ! Et si je fais pareil à la prochaine réunion ? Si je fais une crise de panique, ou d’angoisse, ou que je tombe carrément dans les pommes ?! Et je fais comment, moi, pour assumer un truc pareil ?! ».
Il était absolument furieux. Tout ça lui parait totalement injuste, mes épreuves lui paraissent injustes, ma vie entière lui parait injuste et il ne supporte pas de me voir dans cet état. 
Cela dit, je ressens la même chose envers moi même.

Il aurait été consterné d'apprendre que j'ai récemment fait une crise d'angoisse parce que Copine#1 et sa mère parlait d'une amie d'enfance qui est également interne en médecine. D'entendre les choses qui me rappelait Charles-Henri (Thèses, internat, etc), je commençais à avoir du mal à respirer.
D'ailleurs pour la petite histoire drôle, cette fille a rapporté la même réputation concernant Charles-Henri que la pote à Mister Perfect : fêtard, pas sérieux, présent à toutes les soirées, très gros buveur. Sans même faire partie de sa promo - tout le monde semble connaitre Charles-Henri de réputation.
Je devrais être consternée, et me dire que je ne loupe rien, moi l'hypersérieuse, la nazi du taf bien fait. ...Alors c'est quoi mon problème ? 

Consternation de mon ami Q., qui s’est exclamé « Bon Dieu, je t’ai jamais vu aussi défaitiste ».Et quand je lui ai raconté mes dernières histoires, dont mon passage chez mon médecin tout vieux et tout sourd, il m’a regardé, les yeux ronds : « Ta vie est un putain de sketch, tu le sais ? ».
Ouais. Grave. Et c’est super, super, super fatigant.

Consternation en allant chercher du soutien auprès de ma Tatie, d’habitude très optimiste : « Mais tu n’y arriveras jamais ! Comment tu vas faire ?! Oh la la c’est pas possible, tu ne vas pas y arriver ».
=> J’en suis ressortie avec l’impression d’avoir fait la connerie de ma vie.

Consternation le 25 décembre, en plein gouter de noël avec mes grands-parents. Face à la morosité que j’essayais de cacher sans grande réussite, ma mamie a voulu changer de sujet (vu que mon papy insistait beaucoup sur « Qu’est ce que tu vas faire ? Comment ? Avec quoi ? Et tu crois que tu vas y arriver toute seule ? » à propos de mes travaux) :  
Mamie : Et comment va ton ancien colloc ? Il était gentil comme tout ce garçon !
Moi : … Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu depuis longtemps, on s’est beaucoup éloigné
Ma mère : Mais tu n’étais pas à son anniversaire vendredi dernier ?
Moi : … Non, j’ai jamais réussi à rentrer, je suis restée 2h dans l’escalier… *commence à pleurer*
Tout  le monde s’est mis à fixer le bout de ses chaussures, pendant que ma mère s’excusait « J’ai fait une gaffe ! Je suis désolée, je ne savais pas ! » », et tout ça était juste parfaitement stupide et embarrassant pour tout le monde.

Consternation en allant voir Monsieur Sophrologie, que je n’ai pas revu depuis l’enterrement de mon père adoptif. Il nous a invités, ma mère, mon frère et moi, à venir le voir avant noël pour papoter un peu.
Inutile de dire qu’il m’a demandé de lui écrire, et qu’il souhaite me revoir le plus tôt possible.

Consternation le 24 décembre : ma mère travaillait cette nuit-là, nous n’avons pas fêté noël. Ce qui m’arrangeait plutôt bien vu les circonstances. Et puis vers minuit, message de Charles-Henri.
Je mentirai si je disais que je ne m’y attendais pas.
Mais tout de même. Ça m’a mis dans un état terrible.
(Joyeux noël Mademoiselle B.)
J’ai répondu froidement à ses bons vœux, et il m'a renvoyé un message presque aussitôt, probablement heureux que je lui écrive.
Tout ça n’a aucun putain de sens.
Le pire, c'est qu'une partie de moi était contente qu'il pense à moi. Mais je suppose que cette partie voudrait qu'il pense à moi d'une façon qui n'arrivera pas, et que donc être contente d'avoir un message de lui est inutile et douloureux.
Peut-être que c’est la ″malédiction du gentil″, comme vu (et approuvé) sur le blog de Loïs, How I really Met your Father ? « Dis docteur, comment on se guérit d’un gentil ? »

J’avais déjà commencé depuis plusieurs jours à lui écrire un mail. Au début, c’était juste pour moi : je pensais écrire, puis supprimer. Ou écrire pour poster ici. J’ai d’abord écrit 2 pages, qui sont devenues en quelques jours 4, puis 5 pages.
Finalement, après noël, j’ai décidé d’aller jusqu’au bout, et de lui envoyer ma lettre.
Et je lui ai laissé cette adresse, l'adresse du blog, pour qu’il nous voit à travers mes yeux.

Je suppose que c'est mon message.
Est-ce que c’était une bonne idée ?
Aucune idée.
Mais ça me semblait avoir un sens, et c’était important pour moi.

En ce moment, j’ai l’impression de ne réfléchir qu’en termes de Sens et de Valeurs accordés aux choses. Avec du recul, c'est ce qui ressort beaucoup de mon mail adressé à Charles-Henri. Comme si ces deux choses, qui sont si importantes pour moi, avaient été bafouées.


Mais surtout, consternation face à moi-même : une partie de moi aimerait pouvoir s’extraire de mon corps, pour toucher du bout du pied la limace hyperémotive et larmoyante que je suis devenue en disant « Je ne sais pas qui c’est. Je ne la connais pas ».

Allez, à dans quelques jours pour le bilan de l'année.

mardi 26 décembre 2017

Le déménagement de l’enfer

J’aime bien les titres dramatiques ces derniers temps (ou est-ce ma vie qui veux ça ?). Mes articles devraient être illustrés d’affiches de ciné type Blockbuster, avec des explosions, des postures dramatiques et des couleurs qui piquent les yeux.

Je devais déménager un lundi.
Personne ou presque n’a répondu présent.
J’ai trouvé le moyen de louer une camionnette dès le dimanche en louant de particulier à particulier (OuiCar : découverte géniale), et j’avais un peu plus de collègues disponibles, même si beaucoup ont fait les morts. (Et Charles-Henri devait venir -enfin, ça c'était dans l'espace-temps "Avant la Rupture") Seul bémol : j’allais la chercher à une vingtaine de bornes de là (où Charles-Henri avait son précédent internat : moment pénible), et ça me prenait 1h aller-retour. Mais pour 35€ les 2 jours, ça valait le déplacement.
J’ai donc pu réserver pour le dimanche 13h, j’ai proposé aux déménageurs de venir à 14h, et vu que ma mère-la-warrior avait déjà déménagé l'avant veille tout mes cartons dans sa Twingo jusqu'à 1h du matin (pendant que moi j’étais à Charlhenriville pour l’anniversaire de mon ami, et que je restais finalement lamentablement dehors), il ne restait que les meubles. J’ai donc planifié l’état des lieux de sortie le dimanche soir : Comme ça je me débarrassais de ce souci, je partais aussi sec chez ma mère, et ç’en était fini de me morfondre seule.

Sauf que je suis plutôt une poissarde, et que le train de la bonne fortune est repartie sans moi depuis quelques semaines :

Dimanche, 12h25 :
Le type de la location m’appelle. « En fait la précédente personne qui loue ma camionnette ne la rendra qu’à 20h, on peut décaler ? »
Ah beeeeen… Non ! Mes amis arrivent dans 1h30 et à 20h je rends mon appart… Non, ça n’est pas possible.

Donc là je panique, je commence à appeler les agences de location, d’autres particuliers, les grandes surfaces… Mais on est genre dimanche, et tout est fermé.

13h30 :
J’en suis à commencer à me demander comment faire rentrer un sommier dans une Opel Corsa, quand le type me rappelle : « Ca m’embête vraiment de vous bloquer comme ça… Si je vous prête à la place un Citroen Jumpy, ça irait ? Ca pourrait dépanner ? »

13h40 :
Me voilà à foncer pour aller chercher le Jumpy, et revenir aussi sec (1h plus tard, donc), en envoyant des salves de textos à mes collègues pour décaler le début du déménagement à 15h.
Sur la route, je pensais craquer : fatigue, déménagement, imprévus, et puis rouler vers l’ancien internat de Charles-Henri, repenser à notre nuit à l’hôpital, idyllique, où il semblait tellement attaché à moi, ou à ce lundi aux Urgences, où je pensais encore que tout allait bien alors qu’il songeait depuis plus d’une semaine à me quitter.
Et finalement pas une larme, pas un sanglot.

14h40 :
Je reviens chez moi avec le Jumpy, il faut retirer les 6 sièges amovibles de la voiture (20 min de galère). Puis commencer à réfléchir pour faire rentrer le maximum de gros trucs dans un minimum de place.
On s’est rapidement aperçu que ce serait franchement la merde. Du coup mes collègues se sont mis à charger leurs voitures également, et nous avons fait 3 allers-retours dans l’après-midi avec le Jumpy et 6 bagnoles, avant d’en voir le bout (et en évitant de se dire « Ça aurait été en une seule fois avec la camionnette »).

19h :
Nous finissons le dernier trajet et je pars rendre la voiture, après avoir remis les sièges (re-20min de galère).
L’état des lieux devait commencer à 19h45, et il était assez évident que je n’y serais jamais.
Ma mère a donc assuré la suite.

20h15 :
Je suis de retour (mais l’état des lieux est fini). Nous terminons le nettoyage de l’appart toutes les deux, avant d’aller déposer les clefs dans la boite aux lettres du proprio, plutôt arrangeant.

21h :
Dernier trajet jusqu'à mon nouveau chez moi pour déposer ce qui reste (notamment l’aspirateur et les produits d’entretiens).

22h :
Je file à une vingtaine de kilomètres de là pour vendre des produits suite à une annonce que j’avais posté sur le bon coin. Comme c'est sur mon chemin, c'est l'occasion.

22h30 :
Je sympathise avec mon acheteuse et lui fait un petit cours de prothésie ongulaire (Oui, après avoir déménagé toute la journée, et après deux semaines à pleurer mon cœur brisé. Tout est normal)

0h15 :
Je reprends la route, direction chez ma maman, a une centaine de kilomètre de là. Je pensais m’endormir au volant, je pensais pleurer, sangloter au volant… Et en fait ça a été. Je ressentais même un tout petit embryon d'excitation : mon appart était rendu deux jours plus tôt que prévu, mon déménagement a été bouclé en quatre heures malgré les embûches, et lors du dernier trajet, j’avais envie de ranger mon nouveau chez moi, et de commencer à m’y installer.
RANGER.
A.k.a mon geste bien-être.
A.k.a ce que j’ai arrêté de faire depuis des jours.

1h30 :
J’arrive chez ma mère pile quand il commence à neiger et que je me dis, épuisée mais satisfaite « J’arrive juste à temps ».
Ma mère vient m’aider à vider mes bagages, qu’on mets dans son garage pour le lendemain, parce qu’il est tard et qu’on est incapable de les monter sur 4 étages jusqu’à son appart.

2h10 :
On termine de vider et de ranger et là elle me fait : « Bon, on a finit ! … Maintenant je peux te dire un truc, et ça va pas te plaire : J’ai voulu démonter ta cuisine tout à l’heure dans ta maison, quand tu es partie. Je suis tombée du plan de travail, et je me suis ouvert le crâne. Je saigne depuis 4h, il faut que tu m’emmènes aux urgences »
Ma mère s’est donc ouvert le crane dans ma maison, à épongé son sang dans des chiffons, à terminé de démonter ma cuisine tranquillou, est rentré chez elle en voiture (140 km, rappelons-le), m’a attendu, m’a aidé à vider ma voiture, avant d’envisager, peut-être, de voir un médecin.
Je me suis découvert récemment un sang froid à toute épreuve face aux situations graves. J’ai donc pris la nouvelle avec un calme olympien, je ne l’ai pas engueulé (même si c’était mérité) et je l’ai fait monter dans ma voiture, direction les Urgences. Je n’avais rien bu ni rien mangé depuis le petit déjeuner, une tempête de neige faisait rage dehors, et il était 2h15 du matin.
Normal.

2h40 :
On arrive aux Urgences, toujours sous la neige. Ma mère éponge son crane suintant de sang d’un geste négligé. On se prend un thé chaud à la machine, s'attendant à passer des heures dans le service. Pour passer le temps, on compare nos multiples bleus dû au déménagement.

3h :
Les urgentistes estiment (contrairement à ma mère, apparemment), qu’une blessure à la tête, c’est tout de même très risqué, et ils l’examinent avant toutes les autres personnes qui attendent dans la Salle d’Attente.
L’infirmier, après avoir examiné la plaie, fait venir un médecin pour suturer.
« Ah oui, à ce point ? », lance nonchalamment ma maman.
Je suis consternée.

3h20 :
Le médecin recoud tranquillement ma maman, en me tournant le dos.
Et moi, l’adrénaline redescendant, je commence  à paniquer : Le service ressemble beaucoup à l’hopital où travaille Charles-Henri, le médecin lui ressemble – les mêmes épaules larges que j’aimais tant, la même carrure rassurante, qui ne me rassurera plus jamais- et puis l’odeur du sang, le bruit des instruments, les gestes un peu brutaux de ce médecin que je hais malgré moi, peut-être les émotions liées à cette journée… Je commence à me sentir mal.
Mais genre très très très très mal : Mes oreilles bourdonnent, ma vue se rétrécit, mon corps fourmille, j’ai soudain très chaud, et je sens que je suis à deux doigts de perdre connaissance. Et je me dis « Non, non, non, surtout pas, il ne faut surtout pas que je m’évanouisse ». Assise, j’essaie de me concentrer sur ma respiration, ou sur n’importe quoi d’autre du moment que ça m’empêche de tomber dans les pommes. J’ai besoin d’air, mais je suis absolument incapable de sortir. Pour couronner le tout, j’ai une énorme nausée qui monte, et j’en suis à me dire que je vais finir par vomir et m’évanouir dans ma gerbe face à un médecin qui me fait penser à mon ex, dans un acte de déchéance ultime, quand le médecin fini sa couture. Il sort préparer les ordonnances sans m’accorder un regard, et je commence à me sentir un peu mieux et à me dire que je vais peut-être réussir à ne pas perdre connaissance.
Ma mère me regarde, les cheveux poisseux de sang, et son visage change immédiatement : « Oh bordel t’es toute pale. Ca va ?! »
Je secoue la tête : non, ça ne va carrément pas.
Vu son expression catastrophée, je dois vraiment faire peur à voir.
Je cherche des yeux un verre d’eau – il y a un robinet à 3-4 mètre de moi, autant dire que c’est totalement inatteignable. Ma mère, allongée avec son crane fraichement recousu, n’est pas beaucoup plus alerte que moi.
J’attends quelques minutes jusqu’à ce que je me sente capable de me lever, et je vais me servir un verre d’eau, avant de retourner m’asseoir. L’eau, bien que tiédasse, me fait un peu de bien.
Au bout de mon troisième verre, le médecin revient. Il donne ses ordonnances à ma mère, me serre mollement la main sans me regarder, et part.

3h40 :
Ma mère et moi quittons les Urgences bras-dessus, bras-dessous, sans trop savoir qui soutient qui.
Il est 3h40 du matin, dehors tout est blanc, et il neige plus que jamais. Le froid me fait du bien - heureusement, car je dois encore nous ramener jusqu'à la maison. On rentre tout doucement, pendant que je me bénis d’avoir des pneus neiges (et que je réalise que je devrais en acheter pour ma nouvelle voiture – youpi, comme si ça ne suffisait pas que je m’endette sur 5 ans).

Passé 4h du matin :
Nous arrivons à la maison, nous sommes au-delà de la fatigue, au-delà de tout. Nous nous disons, au point où nous en sommes de cette hallucinante journée « Bon, si on dînait ? ».

Nous buvons donc un bouillon, avant d’aller nous coucher et nous endormir avant même que nos têtes soit posées sur l’oreiller.

Bref : un déménagement avec Mademoiselle B.